Comme promis, nous allons essayer de vous faire découvrir la course Landaise. Sans prétention, n'étant pas moi-même un tres grand connaisseur, j'ai éssayé de récupérer au gré du net les informations qui pourront vous éclairer sur cet art venu du Sud-Ouest, agrémenté de photos et vidéos....

Présentation

La course landaise est une des quatre formes de tauromachie pratiquées dans le monde. Elle se distingue des trois autres (corrida, corrida portugaise et course camarguaise) par deux particularités : la première est qu'elle se pratique quasi exclusivement avec des femelles (vaches landaises) et non des taureaux. L'autre particularité, qu'elle partage avec la course camarguaise, est qu'il n'y a pas de mise à mort de l'animal, ni au cours de la course ni après.

Elle se pratique dans tout le département des Landes, dans la moitié ouest du Gers, à Garlin dans les Pyrénées-Atlantiques, à Captieux en Gironde et à Maubourguet et Castelnau-Rivière-Basse dans les Hautes-Pyrénées. Ces villes possèdent toutes des arènes, infrastructures obligatoires pour pouvoir organiser des courses.

Les toreros landais, de nos jours des sportifs de haut niveau, affrontent des vaches de combat de race espagnole (brava, toro de lidia) que l'on nomme « coursières », élevées par des ganaderos implantés dans les Landes, principalement entre Dax et Aire-sur-l'Adour. Chaque élevage possède sa cuadrilla, ou équipes de toreros, et ses couleurs.

Les toreros

Les toreros, que l'on nomme localement coursayres en gascon, se répartissent en deux catégories :

  • les écarteurs, personnages essentiels de la course landaise, qui attendent la vache dans l'arène avant de l'esquiver au dernier moment, réalisant de la sorte un écart. Celui-ci peut être « en dehors », « en dedans » (c'est-à-dire côté corde et donc hors de la protection du cordier) ou corde à terre.
  • les sauteurs attendent la vache et exécutent un saut au-dessus de la vache dont la course doit être rectiligne.

Par le passé, certains très grands sportifs se sont illustrés à la fois à l'écart et dans les différents sauts (saut de l'ange, saut périlleux ou « saut les pieds dans le béret » aussi appelé « saut pieds-joints »).

Les vaches

Les vaches, également appelées « coursières », sont toutes dotées d'un nom et plus ou moins cotées selon leurs qualités combatives. Elles sont conduites aux arènes puis enfermées dans des boxes appelées loges. Une corde est installée autour de leurs cornes afin de pouvoir les placer lors du combat dans les arènes.

Une fois la course commencée, les vaches sortent selon un ordre préétabli, dirigées par un cordier (courdayre en gascon) et deux entraîneurs. Ceux-ci placent la bête face au torero en bout de piste et la laissent s'élancer aux sollicitations (on dit citer) des toreros. Le cordier doit lui par une traction rapide de la corde suivie d'un relâchement permettre le passage des cornes.

Les vaches de combat sont les femelles des taureaux de corrida. Quinze éleveurs (ou ganaderos) élèvent en semi liberté 1.500 vaches, dont plus de la moitié sont nées dans les Landes. Le maintien du caractère sauvage de l'animal et de son instinct offensif est respecté. Les éleveurs les plus importants achètent chaque année une centaine de jeunes vaches en Espagne, dans les élevages de toros bravos de la région de Salamanque pour compléter leur cheptel.

En général, la vache sort pour la première fois dans l'arène sans corde à l'âge de trois ou quatre ans, et poursuit sa carrière jusqu'à treize ans environ. Elle peut ensuite vivre plus de vingt ans. Elle pèse entre 300 et 400 kg (le poids d'un taureau se situe quant à lui entre 450 et 600 kg).

Quatre types de course landaise

Course formelle

C'est la course de référence, celle que suivent assidûment les coursayres tout au long de la saison. C'est là que se bâtissent les réputations des hommes et des vaches. Elle dure environ 2h15 avec l'entracte. Elle débute toujours par le défilé des écarteurs (paséo), au son de la Marche Cazérienne.

Pour la saison (temporada), cinq troupeaux (ganaderías) et cinq équipes d'hommes (cuadrillas) sont engagés dans une compétition par équipe et individuelle. Dans une course, la cuadrilla est composée de sept écarteurs en boléro et de quatre hommes en blancs (le sauteur, les deux entraîneurs et le cordier). Ce type de course se découvre principalement en Chalosse, dans le Tursan, en Armagnac, dans le nord du Béarn et de la Bigorre.

Dix vaches minimum sont enfermées dans les loges. Huit sortent en première partie dont une vache à sauter, une vache sans corde et une vache de l'Avenir (vache qui débute à la corde) et cinq vaches à écarter avec corde. En deuxième partie, il y aura six sorties dont cinq à écarter et une à sauter.

À la fin de la course, le jury annonce les résultats individuels de chaque acteur et le pointage de la vache. Ce résultat servira au calcul du « challenge » qui oppose sur la saison les cinq cuadrillas ; le jury désigne également les trois meilleurs écarteurs de la course qui sont invités à monter à l'Escalot pour obtenir coupe et prix qui reviennent aux écarteurs qui auront exécuté les dix meilleurs écarts sur deux vaches différentes.

Concours landais

Comme la course formelle, il rassemble des professionnels mais en compétition les uns contre les autres. Suivant le budget de l'organisation, l'affiche présente de deux à cinq ganaderias, chacune avec un nombre de coursières fixé par contrat. Les écarteurs et les sauteurs sont choisis individuellement par l'organisation selon ses critères propres ; le plus souvent ce sont sans distinction de cuadrilla les mieux placés à l'escalot : le classement officiel de la course landaise. Chaque concours a son propre règlement enregistré à la Fédération française de la course landaise.

Ces concours sont donc l'occasion de réunir les meilleures vaches de chaque ganaderia concurrente et de les opposer aux meilleurs toreros du moment. La difficulté vient du fait que chaque homme affronte des vaches qu'il connaît peu. C'est l'épreuve reine de la course landaise, la plus disputée et la plus dangereuse aussi. Les grands concours à cinq troupeaux se déroulent à Aire-sur-l'Adour, Saint-Sever, Nogaro (course de la Corne d'Or), le 14 juillet à Mont-de-Marsan pour les fêtes de la Madeleine, en août à Hagetmau et Dax à l'occasion des fêtes de Dax, qui est le plus ancien et le plus prestigieux aux yeux des écarteurs. Une dizaine de concours est organisée chaque année

Le jury

En compétition (course de challenge et concours landais), toutes les figures sont notées par un jury assisté d'un comptabilisateur et d'un assesseur (voir écarteur et sauteur pour leur mode de notation). Ils font partie du corps arbitral de la Fédération française de la course landaise. Après trois ans de stage, ils sont cooptés par les plus anciens et ce choix est confirmé par le Comité Directeur de la FFCL. Également dans le corps arbitral, un délégué sportif s'assure du bon fonctionnement de la course dans tous ses aspects : suivi du règlement sportif, qualité de la piste, dispositif de sécurité. Il est le représentant officiel de la FFCL et a pouvoir pour agir en son nom si nécessaire.

En 2007, de nouvelles mesures plus strictes, en application dans toutes les autres fédérations sportives, sont venues renforcer l'autorité des jurés, qui peuvent être contestés. Il leur suffit dès lors de montrer un foulard jaune pour donner un avertissement au chef de la cuadrilla, seul habilité à parler au jury. Un foulard rouge suit si nécessaire, entraînant des sanctions plus lourdes pour le fautif.

Notation du bétail

La course landaise est l'art d'affronter et d'esquiver l'agressivité naturelle de la vache qui, au fil des courses, apprend vite le comportement de l'homme et essaie de le contrer en anticipant son écart ou en le fauchant avec ses pattes. Au fur et à mesure que la vache gagne en expérience, le rôle du cordier devient de plus en plus important pour diriger la charge de la bête. Toutes les vaches ont une corne préférentielle avec laquelle elles sont plus dangereuses. L'écarteur va donc tourner sur la corne facile tandis que le cordier se tient à côté de la corne dure. C'est ce détail qui donne plus de valeur à l'écart dit « intérieur ».

Pour déterminer le classement, on distingue quatre catégories :

  • 1 à 3 points : les vaches nouvelles, douces et innocentes, qui s'adaptent bien à la corde, permettant un travail agréable et sans danger.
  • 3 à 4 points : les vaches brillantes et rapides, qui passent sans saluer, plient la tête sous les chocs et permettent à l'écarteur de s'exprimer avec des risques réduits.
  • 5 à 6 points, 7 ou 8 si « en course » : les vaches dures, parfois difficiles, pas toujours rapides, qui posent des problèmes aux écarteurs
  • 9 à 10 points : les vaches dangereuses, qui dominent l'homme et l'arène ou au contraire qui sont magistralement dominées par l'homme qui prend tous les risques
Les vaches de l'avenir 
  • 1 à 5 points : pour la présentation (morphologie, taille des cornes)
  • 1 à 10 points : pour le comportement en piste (départ, fougue, placement et activité)
  • 1 à 10 points : pour le travail du torero, en général expérimenté qui, face à ces vaches, a pour principale mission de mettre en valeur les qualités de cette jeune vache pour la course landaise].

Les arènes

Arènes couvertes de Pomarez, surnommée La Mecque de la course landaise

Jusqu'à la fin du XIXe siècle, l'arène n'était que la place du village ou le champ de foire fermé par des charrettes mises en cercle pour la circonstance. Puis s'ébauche un modèle d'arènes de course landaise comprenant une piste rectangulaire (40 x 30m) arrondie en une extrémité. Le sol en terre battue doit être suffisamment dur pour que la vache et l'écarteur ou le sauteur et le cordier puissent prendre leur appui.

Il existe de nos jours 150 arènes ou places d'arènes répertoriées dans le sud-ouest. Certaines sont de type landais, les autres de type espagnol (cercle). Elles font désormais partie du patrimoine local. Un trophée récompense les meilleures arènes fleuries.

Le village de Pomarez en Chalosse possède des arènes couvertes. Il est considéré comme « La Mecque de la course landaise ». Il organise le festival art et courage opposant aux coursayres des taureaux de corrida mâles.

Une musique, une chapelle, un musée

La musique accompagne et rythme tous les moments du spectacle. Jouée par une harmonie ou des bandas, le répertoire est essentiellement espagnol. Un hymne a cependant été écrit pour les écarteurs de course landaise au début du XXe siècle : La Cazérienne. Il accompagne les acteurs au paseo d'ouverture et de fin de la course.

La chapelle Notre-Dame de la Course Landaise, située à Bascons, est un sanctuaire et lieu de pèlerinage de la course landaise. Face à la chapelle se trouve le monument aux morts de la course landaise, et à côté d'elle, le musée de la course landaise, voué à la conservation et mise en valeur de documents et objets relatifs à ce jeu gascon.

Un écarteur en action
Un sauteur en action
Vidéo montrant deux sauteurs en action à Nogaro le 15 août 2009
Élevage de coursières en Chalosse